Présentation du Département de Médecine Traditionnelle :
Le Département de Médecine Traditionnelle (DMT) est rattaché à l’Institut
National de Recherche en Santé Publique (INRSP). Il a été centre collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé en matière de médecine traditionnelle depuis 1981. Il est situé à l’est
de Bamako, au niveau d’une zone industrielle.
Le DMT est une structure composé de trois services :
- Un service « Ethnobotanique et matières premières », chargé de la conception de l’herbier et des droguiers, de l’élaboration et de l’entretien du jardin botanique (1 hectare à Bamako et 20 hectares à Siby) ;
- Un service des Sciences pharmaceutiques qui réalise les études phytochimiques, pharmacologiques, toxicologiques, galéniques des plantes utilisées en médecine traditionnelle, mais aussi qui s’occupe de la production des médicaments traditionnels améliorés (MTA) en vente au Mali et du contrôle de qualité de la matière première et du produit fini ;
- Un service des Sciences médicales composé de 4 médecins, un centre de dispensation des MTA, et un laboratoire d’analyse biologique. Il assure des consultations et participe à l’évaluation de l’évidence ethnomédicale.
Par ailleurs, le Centre Régional de Médecine Traditionnelle (CRMT) en 5ème Région à Bandiagara est rattaché au DMT.
Le DMT travaille en étroite collaboration avec les Tradipraticiens de Santé et les Herboristes afin de valoriser les médecines traditionnelles africaines. Cela ne peut être réalisé sans un système de santé traditionnel organisé : actuellement, il existe de plus en plus d’associations de tradipraticiens, elle-même représenté au niveau national par la FEMATH (Fédération Malienne des Tradipraticiens de Santé et des Herboristes).
Le DMT s’implique aussi auprès des Tradipraticiens en vue d’une collaboration avec la médecine moderne et participe à l’organisation de groupes de parole avec les agents des deux systèmes de médecine. Ces débats permettent un échange sur les différentes conceptualisations de la maladie et du soin (médicamenteux ou non) afin que chacune des médecines puissent trouver sa place dans le système de santé.
Présentation du stage :
La première partie du stage a été théorique. En effet, il était important, avant de commencer la partie pratique, de comprendre la place des médecines traditionnelles dans les différentes ethnies ouest africaines et d’assimiler les différences de conceptualisation sur les pathologies, le diagnostic ou les traitements entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne.
La lecture de plusieurs thèses m’as également permis de comprendre le cheminement nécessaire à l’autorisation de mise sur le marché d’une phytomédicament. En étant schématique, cela pourrait se résumer ainsi :
Enquête ethnobotanique → Etude phytochimique, pharmacologique, toxicologique de la plante (qui font l’objet de nombreuses thèses) → Mise en forme galénique → Essais cliniques → Autorisation de mise sur le marché.
Actuellement, des nombreuses plantes sont utilisées en tant que médicaments traditionnels améliorés, et 7 d’entre elles (sous 8 formes galéniques différentes) ont obtenus l’AMM et sont donc en vente dans les pharmacies et certains centres de santé communautaires.
Puis la partie pratique a débuté !
J’ai d’abord commencé par le service « Ethnobotanique et matières premières » pour comprendre le travail des ethnobotanistes. Je consacre également un peu de temps chaque semaine à la reconnaissance botanique dans le jardin, et à l’apprentissage des quelques utilisations traditionnelles des plantes étudiées.
Combretum micranthum, permettant de produire l'"HEPATISANE" (phytomédicament)
J’ai pu assister aux consultations et à la dispensation phytopharmaceutique dans le service des sciences médicales. Par ailleurs, je suis allée visiter la FEMATH et une association de Tradipraticiens.
Il me reste encore à explorer le service des sciences pharmaceutiques, qui se rapprochera sans doute le plus de mon projet d’avenir personnel ! J’ai pour mission de m’investir dans ce dernier service en faisant une étude sur les propriétés phytochimiques et les activités biologiques d’une plante. Il me reste encore quelques semaines pour relever le défi !
Derniers Commentaires